Nouvelle diverse

Vendredi 21 novembre 2008

C’est le son de l’agonie quand on se sent fondre…

 

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Elle avait une peau bleue pailletée et de grands yeux argentés, comme fait d’acier. Ses longs cheveux brins de lune semblaient ne jamais se laisser émouvoir ou mouvoir par le vent. Ils restaient toujours raides, comme collés, contre son corps nu de naïade polaire. Elle laissait ses pieds nus frôler la neige si tendre et si froide avec une joie jamais contenue. Elle dansait sur son iceberg gigantesque, ne rêvant à rien d’autre qu’à un hiver perpétuel. Mais son île n’était qu’un glaçon dans un martini : il viendrait à fondre. Elle avec lui.

Elle n’était qu’une petite fée nordique, un entité de glace et d’eau qui ne craignait de la vie qu’un rayon de soleil.

Un jour fatidique, en faisant le tour de son îlot en mouvement, alors qu’un vent glacial lui frappait l’échine avec délectation, elle aperçut, brillant dans la neige, se reflétant dans la glace : un escarpin en or pure. Un escarpin en or jaune, éblouissant. N’ayant jamais vu quelque chose d’aussi chaleureux, d’aussi tentant, elle vint se poser devint lui pour l’observer. Une lumière blanche l’auréolait. Elle ne vit pas le mal à l’enfiler.

Un phénomène bizarre se produisit. Le pied chaussé se réchauffa et la peau de la jeune nymphe devint progressivement de plus en plus rose, puis orange, puis rouge. Son sang fait d’eau s’évaporait, un soleil d’été se profila au dessus de son crâne fragile. Elle se laissa tomber sur sa neige chérie, espérant qu’elle aurait pitié de sa fille mais plus son corps reprenait des couleurs, plus elle savait. Elle savait qu’elle mourrait.

Autour d’elle sa demeure, son iceberg se fondait dans la mer tropicale qu’il atteignait. Elle avait quitté son pôle depuis trop longtemps. Son corps presque sans vie, glissa doucement dans l’océan. Une larme, un dernier cristal de glace, une dernière étoile des neiges, farda son visage autrefois froid. Elle s’enfonça dans la chaleur et son corps devint écume.

Par Peanuts
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Dimanche 2 novembre 2008

Avec la brise légère, la robe d’Elisabeth le souleva et elle tourna sur elle-même. La vie l’avait certes traité comme la dernière des traînées et pourtant, pourtant, Elisabeth dansait doucement sous la neige du mois de février. Bientôt, que le grand Valentin offrirait une chance à tous les amoureux démunis de s’unir. Bientôt, son cœur à elle pourrait respirer le doux parfum de la liberté. Sa dot si faible avait fait s’envoler ses rêves de maternité, de bonheur, de mariage d’amour, mais Elisabeth souriait de tout son souffle. Elle avait à ses pieds, le dernier rond marron de terre. Autour de ce rond, les étoiles blanches tapissaient le sol. Dans sa robe pâle aux couleurs acidulées, elle ressemblait à la triste aquarelle d’un peintre de rue. Sous le bonnet, ses longs cheveux de soie voletaient au rythme du vent. Entre ses longs et fins doigts gantés, une lettre décachetée se froissait. Elisabeth l’avait lu une fois, deux fois, trois fois,…à la quatrième, elle avait arrêté de compter. Elle avait laissé la larme couler doucement avec une tendresse maladroite. Elle avait fermé les yeux et avait vu son visage.

Elisabeth avait prié longtemps pour trouver une solution. La veille de son mariage, arrangé ça va sans dire, elle avait trouvé. Elle était allée au plus profond de la forêt glacée, tout près du lac gelé et avait relu une dernière fois les derniers mots de celui qui ne pourrait jamais l’épouser : « Mademoiselle, je suis à vous. Je n’ai rien d’autre à vous offrir que mon cœur et l’éternité. Je vous attendrez là où dorment les anges, pour toujours votre…T ». Le sang avait séché sur la page jauni. Elle était arrivée avec un avis de décès. Un suicide qui soulagea la famille d’Elisabeth. Parce qu’un mort ne pouvait revenir.

Avaient-ils pensés que la jeune femme pourrait y voir là une invitation à faire de même ? Non. Aucune femme n’aurait eut le courage de faire taire sa souffrance de cette façon.

Elisabeth laissa ses petites bottes noires s’enfoncer doucement à travers la fine couche de glace, jusque dans l’eau. Plus elle avançait, plus elle sentait ses membres s’engourdirent et simplement, elle ferma les yeux.

Quand elle les ouvrit, le soleil brillait, la neige avait fondu, c’était le printemps. Elle sortit de l’eau et alla rejoindre l’ombre si reconnaissable qui lui tendait la main sous le grand chêne. Avec une volupté insensée, elle posa ses lèvres purpurines, qui n’avaient plus la couleur du froid, sur celle de l’autre, de l’être aimé et retrouvé. Et ce baisé dura une éternité.

Par Peanuts
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Jeudi 18 septembre 2008
 

When God knock on the door…

 

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« Quel autre homme pourrait murmurer à ton oreille et produire cet effet ?! »

 

Dieu lui-même !

Pendant son sommeil, Sa voix divine et vibrante l’avait éveillé, à nouveau.

Elle se leva, sortit de sa cellule, chandelle en main, et parcourut les longs couloirs de pierres grises et froides pour venir à Lui.

Elle poussa les lourdes portes massives de la chapelle, Sa maison. Encore endormie, convaincue que le vent qui avait effleuré son visage de porcelaine blanche et pure avait quelque chose de la caresse de Sa main, elle frôla de la main le bénitier de l’entrée. Tremblante comme toute sainte avant que le miracle ne s’accomplisse, elle y plongea un doigt de la main droite et se signa : « Au nom du père, du fils, du saint Esprit, amen. ».

Là, au milieu des rangs de bancs, à côté du confessionnal où elle se rendait si souvent sans n’avoir jamais réellement pêché dans sa vie de Nonne chaste, elle apparaissait aux vitraux tel un ange du Seigneur.

Une madone en robe blanche, comme celle des mariées d’antan, celles qui gardaient leur vertu jusqu’au jour bénit. Ses cheveux blonds en cascade sur ses épaules et sur son front baptisé, elle sentit qu’aujourd’hui était le jour qu’elle avait attendue.

Il l’épouserait. D’ailleurs elle le voyait, il était là devant l’autel, une branche de laurier dans les mains, une colombe sur son épaule dénudé, le Graal doré lui faisant face. Elle boirait le sang de son fils, mangerait le corps divin et embrasserait dans une passion insensée son rêve de Paradis, ne sachant pas qu’elle commettait là le pire acte qu’il soit.

Elle convoitait celui qui n’était pas convoitable !

Un ave maria angélique susurrait ses ornements ancestraux au fond de son tympans de religieuse.

Elle leva les yeux au ciel et aperçut un trou dans le toit en ardoise de la bâtisse mille fois centenaires. L’eau de pluie s’y infiltrait assidûment pourtant cela ne la choqua point. Elle ne le voyait que Lui. Au milieu de la flaque, dans une robe blanche. Elle ne voyait que ses yeux transparents, ses cheveux brins d’air et cette expression de magnanime éternelle.

Elle approcha souriante, oubliant l’inconfort de ses pieds nus sur le marbre grisé. Elle pénétra dans le lac miniature qui où se tenait son dieu et pressa son visage contre le Sien.

Doucement, elle vit la lumière pénétrer par le trou béant du plafond. Le crucifix sur le mur, juste à côté de la ventilation miraculeuse, semblait la regarder avec bonté. Elle sentit une chose étrange, éléctrifiante se profiler dans les veines menant à son cœur.

Enfin, elle était frappée par la grâce !

 

 

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The devil is at the window.

 

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C’était l’orage le plus fort qu’avait connu le petit couvent des Saintes Roses du Pardon. Au matin, l’impression générale était que la main de Dieu avait agi très près de ses filles. La mère supérieure se rendit à la chapelle sentant l’odeur de brûlé à travers les murs caverneux de la battisse moyenâgeuse. Lorsqu’elle ouvrit la porte, elle vit le toit noircit, le trou agrandit et le soleil qui y passait.

Un rayon insolent, guida son regard sur la chose la plus horrifiante qui fut : devant l’autel se tenait l’une de ses sœurs. Ses yeux rougis fixaient le ciel avec béatitude. Sur ses cheveux mouillés se tenait une couronne de laurier et entre ses doigts fins et cramoisis une plume de colombe faisait son nid.

En la voyant, la patronne des nonnes aurait jurés, si cela lui aurait été permis, qu’elle avait été victime d’un coup de foudre, fatale de par sa puissance destructrice.

Par Peanuts
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